• Home
  • A propos
3 sept 2010

Fais-moi peur

matthias-tungerCet été, je suis partie en vacances dans de très lointaines contrées, ce qui m’a obligée à passer de nombreuses heures en avion. 32 heures, très exactement.

Et pour avoir le droit d’effectuer ces 32 heures  de vol, j’ai également dû passer de longues heures à me faire contrôler, scanner et  fouiller par des gardes aux visages inquiétants, convaincus de l’importance capitale de leur mission. Des mots comme sécurité, attentat, attaque, terroriste, bombe et danger semblaient flotter dans l’air et dans leurs yeux. Tout le monde était suspect.

J’ai subi 22 contrôles pour monter dans 8 avions, ce qui nous fait quand-même une moyenne de 2,75 contrôles par vol et 1,5 contrôles par heure de vol. On nous contrôlait même 2 fois avant de monter dans l’avion puis 1 fois à la sortie. Je ne sais toujours pas ce qu’ils espéraient trouver lors de la 3ème fouille. Nous soupçonnaient-ils de nous être fait envoyer un paquet par coursier quelque part au-dessus du golfe du Bengale ? Pensaient-ils que nous cachions sur nous, malgré les 2 fouilles précédentes, tout le matériel nécessaire à la fabrication d’une bombe artisanale dans les toilettes d’un avion (tout ça pour ne même pas la faire exploser en vol) ? Mystère…

Surtout que bon, soyons clairs, quelqu’un qui voudrait détourner un avion aurait 10000 façons de le faire sans qu’aucun contrôle ni aucune fouille au corps ne puisse l’en empêcher ! Les bombes, c’est pour les ringards. Comme toutes les armes en général, d’ailleurs. Non, le truc, aujourd’hui, c’est la débrouille. Une épingle à cheveux, un verre en plastique, un casque, un magazine. Ou mieux. De simples mains.

Après tout, qui me dit que le petit vieux de la place 37 A n’est pas un champion de krav-maga qui va prendre en otage le jeune homme assis à coté de lui avant de se rendre dans le cockpit pour détourner notre avion? Et qui me dit que la jeune fille de la place 38J n’est pas une pro du Dim Mak qui va assassiner son voisin de droite d’une simple pression de l’index gauche sur la carotide? Et si ça se trouve, l’homme de la place 55A est un fou dangereux qui, à 10 000 mètres d’altitude, brisera la vitre de son hublot grâce au petit Buddha en Bronze qu’il a ramené de Bombay ! Et tous leurs gardes, leurs fouilles, leurs caméras, leurs 2,75 contrôles par vol, comment ils font pour détecter ça ?

Malgré tout, le nombre de contrôles augmentent et les gens continuent à s’aligner les uns derrière les autres avec une exemplaire docilité, attendant sagement qu’on les fouille, qu’on scanne leur sac à main, leur ceinture et leurs chaussures. 1 fois, 2 fois, 3 fois avant de monter dans l’avion. Parce que, voyez-vous on ne sait jamais, mieux vaut faire du zèle que de risquer de laisser un terroriste échapper à la vigilance des gardes. Un terroriste assez mal préparé pour avoir besoin d’une arme, assez mal informé pour la porter sur lui et assez mauvais pour se faire avoir par un simple contrôle de sécurité. Autant dire que ce terroriste-là ferait tout aussi bien de changer de métier.

C’est comme si ces contrôles avaient pour but d’entretenir notre peur, de nous convaincre de l’existence du danger et du fait que, ne nous inquiétons pas, « ils » sont là pour nous sauver. Alors qu’en fait, pas du tout. On sait parfaitement que la multiplication du nombre de contrôles n’empêchera jamais un homme déterminé d’atteindre son but.

Et pourtant, ça semble effectivement rassurer les gens. Ils se disent que si on fait tout ça, c’est que c’est utile et nécessaire, c’est qu’il y a un véritable danger. Alors ils ont peur. Et parce qu’ils ont peur, ils se disent qu’il faudrait plus de contrôles, que ça les rassurerait. Et parce quand il y a plus de contrôles, leur sensation de danger grandit. Leur peur aussi. Et finalement, c’est ce qui a provoqué leur peur qui finit par les rassurer.

Crédit Photo : Matthias Tunger
pixelstats trackingpixel

3 septembre, 2010 at 11:40 by Cécile Nadaï

Tags: aéroport, avion, contrôle, danger, fouille, peur, sécurité
Posted in Râleuse | No Comments »

4 août 2010

Paris au mois d’août

ete-parisLa chaleur moite de Paris colle à la peau, les rues se vident, le silence gagne du terrain, les fontaines ne coulent plus pour personne. Plus d’embouteillages sur les quais de scène, plus de foule fétide dans les rames de métro, les boulangers et les restaurants ferment leur porte, les entreprises et les centres aérés se vident. Paris se meurt, Paris s’endort.

Tout vous le rappelle, vous le martèle, telle une estivale litanie : c’est les vacances. Il faut partir, fuir la ville, aller rejoindre tout le monde au bord de la mer, trouver une petite place sur la plage à coté de tous les autres, jouer des coudes, se serrer un peu, poser son parasol, sa serviette et ne rien faire pendant 3 semaines. Pas de travail, pas de villes, pas d’efforts. Juste le soleil et l’apéro.

Un par un, vous les regardez partir, vous les entendez se réjouir, chacun y va de sa destination plus ou moins exotique. Bali, Marseille, Carnac ou Agadir. Non pas que toutes ces destinations vous fasse nécessairement rêver, mais en ce moment, n’importe quel horizon un tant soit peu différent du vôtre a un air de paradis perdu. Vous repensez à vos dernières vacances, il y a un an, un siècle, une éternité. Les paysages de rizière, les plages de sable fin, les poissons multicolores, le bruit des vagues pour berceuse…

Mais cette année, c’est décidé, vous devez être raisonnable. Pas d’exotisme, pas de folies, pas de longues heures de vol vous menant droit au bonheur, pas de langues étrangères, pas de contrées inconnues. Cette année, on reste à la maison. Tant pis si c’est dur, tant pis si vous déprimez, tant pis si vous vous languissez de campagnes et de forêts, de sable blanc et d’eau salée. Tant pis si les photos de vacances des copains vous retourne le cœur, vous arrache de longues et déchirantes jérémiades, tant pis si l’odeur du monoï vous manque au point que vous vous aspergiez d’huile solaire à l’ombre de votre 3 pièces, tant pis si vous pleurez tous les  soirs dans votre lit en vous remémorant New-York, Chang Mai, Hong-Kong ou Barcelone.

Paris au mois d’août, cette année, faudra vous y faire, un point c’est tout. Bien fait pour vous. Allez, à la rigueur, si vous êtes sage, vous aurez peut-être droit à un week-end normand ou provençal, histoire de faire le plein d’iode, de vous donner l’illusion d’être parti et d’avoir des trucs à raconter lors des soirées diapos de la rentrée. Oui, c’est dur, on sait, mais ça fait des mois que c’est décidé, c’est comme ça et on ne discute pas.

Et puis, quand-même, un jour, on se prend à imaginer ce que seraient nos vacances, si on en avait. Un jour, on prend le risque d’en rêver, juste pour le plaisir de se faire mal en retombant dans la réalité. Un jour, on ne sait pas très bien lequel a craqué le premier, mais un jour, le rêve a commencé à évoluer, il s’est peu à peu transformé en idée, une idée qui commence à germer. Elle s’est peu à peu immiscée, elle a grandi, elle a grossi. Du « ce serait bien », on est passé au « et si »,  du « et si » au « pourquoi pas », du « pourquoi pas » au «  peut-être », du « peut-être » à l’achat des billets.

En quelques jours, envolées les bonnes résolutions, balayées la patience et la raison, le rêve reprend ses droits, l’exotisme prend place et avec lui les grands espaces, le soleil et la mer, la jungle et les tropiques, la faune palpitante et la flore luxuriante.

Oui, ça y est, c’est décidé, dans quelques jours, je serai harassée de chaleur dans une forêt vierge, pistée par des écureuils volants, en virée en pirogue sur des eaux boueuses infestées de crocodiles, perdue dans l’eau de la mer de chine, cernée de poissons chatoyants. A des années lumière de Paris au mois d’août.pixelstats trackingpixel

4 août, 2010 at 12:52 by Cécile Nadaï

Tags: aout, été, paris, vacances
Posted in Miscellanées | 1 Comment »

26 juil 2010

Madeleine de Proust #18

Un matin du mois d’août, sur une plage de Prachuap Khiri Khan, en Thaïlande.

Une région préservée, loin des touristes et de l’agitation, où les longues plages désertes appartiennent encore aux pêcheurs.

Nous, seuls au monde, regardant leurs bateaux en écoutant cette chanson.

Jean-Louis Aubert – Les plages by cecilenpixelstats trackingpixel

26 juillet, 2010 at 9:25 by Cécile Nadaï

Tags: jean-louis aubert, pêcheurs, plages, thaïlande
Posted in Madeleines de Proust | No Comments »

23 juil 2010

Eclaire-moi

eclaire-moipixelstats trackingpixel

23 juillet, 2010 at 15:58 by Cécile Nadaï

Posted in En image | No Comments »

21 juil 2010

Le concert

concert-phoenixRien ne me plaît plus que d’acheter 2 billets de concert pour aller voir un groupe que j’aime.

Attendre avec excitation la date et l’heure, passer les contrôles à l’entrée de la salle comme si je m’apprêtais à faire un long voyage, arriver dans une salle pleine d’une effervescence palpable, trépigner en attendant le moment où les lumières s’éteindront, où les musiciens monteront sur scène,  où la première note résonnera enfin.

Ca, c’est la version poétique et lyrique d’un concert. Parce que dans la réalité, au moment d’arriver dans la salle, vous vous retrouvez irrémédiablement confronté à un paramètre qui, bien qu’en apparence secondaire, est très loin d’être négligeable : les GENS.

D’abord, il y le Grand. Celui qui, alors que vous avez cherché pendant une demi-heure un endroit d’où vous pouvez au moins apercevoir un bout du chanteur et du guitariste, vient tranquillement se planter devant vous et vous offrir la vue sur son T-shirt Dépêche Mode, tournée 1987. Malgré vos suppliques et votre plus beau sourire, il refuse de vous laisser passer devant lui parce que « c’est pas de sa faute s’il est grand ». Ouais, ben c’est pas de la votre non plus et c’est pourtant vous qui en payez les conséquences. Dépitée, vous n’avez plus qu’à vous décaler autant que faire se peut pour tenter de retrouver un semblant de visibilité.

Ce qui nous amène à la nuisible suivante : la chevelue. Elle n’est pas bien grande, ce qui est plutôt rassurant, vous vous dîtes qu’elle, au moins, elle ne risque pas de vous offrir le spectacle de son dos en sueur. Pourtant, vous auriez tort de ne pas vous en méfier car dés que la musique commence, elle se met à sauter dans tous les sens, vous balançant ainsi sa chevelure frisée plus que fournie en pleine figure et réduisant ainsi votre champ de vision à néant.

Vous reculez pour échapper à ses frisottis et vous rapprochez ainsi sans vous en douter d’un autre type de parasite. Son but, être le plus près possible de la scène pour ne pas en perdre une miette. Quoi de plus efficace, pour cela, que de se serrer au maximum contre la personne devant lui. Vous sentez son ventre contre votre dos, ses jambes contre vos jambes, son souffle dans votre cou et il se sent en plus obligée de chanter toutes les chansons 3 tons en-dessous et à tue-tête dans votre oreille. Le cauchemar.

A nouveau, vous tentez de vous décaler et vous rapprochez d’un groupe d’ados à la voix qui mue. Eux aussi sont hautement néfastes mais à ce moment-là de l’histoire, vous l’ignorez encore. Ce n’est qu’au moment où l’ambiance commence à monter que vous vous en rendez compte. Tout d’un coup, sans prévenir, comme s’ils étaient en 1992 à un concert de Nirvana, l’idée leur vient de se jeter sur vous pour tenter de vous entraîner dans leur pathétique et risible pogo à 5, vous déboîtant tout de même 1 épaule au passage.

Une nouvelle fois, vous changez de place et vous retrouvez à coté d’une bande de jeunes filles en fleurs à qui vous donneriez le bon Dieu sans confession, malgré leurs jeans taille basse et le string à dentelles rose et jaune qui en dépasse. Erreur. Vous avez sous-estimé la puissance de leur organe vocal et leur incompressible besoin de commenter les moindres faits et gestes des musiciens. « Regarde, ses mains elles sont trooooop belles », « j’adooore son pantalon moulant », « han, il m’a regardée, je te juuuuure »… Exaspérée, vous vous sentez obligée de leur préciser que vous êtes venue écouter un concert et non leur babillage. Elles vous regardent ébahies. Ecouter un concert, c’est un concept qu’elles n’avaient probablement jamais envisagé.

A cette liste viennent s’ajouter les gens qui puent, les lanceurs de projectiles en tout genre, les hystériques qui poussent des cris suraigus, les bandes de mecs bourrés qui jouent des coudes et des cigarettes allumées pour mieux vous passer devant, sans compter les tout-nouveaux-tout-beaux joueurs de vuvuzela qui, probablement frustrés de ne pas avoir pu s’en servir suffisamment dans les stades, se sentent désormais obligés de les recycler en rythmant les concerts de rock.

Résultat, chaque fois que je vais à un concert, j’en ressors profondément misanthrope. J’arrive là, pleine de bons  sentiments, toute gaie et joyeuse à l’idée du bon moment qui m’attend et tout d’un coup, une horde de malpropres égoïstes, mal élevés et sans scrupules vient me gâcher mon plaisir, m’ôter la vue, me bousculer ou me coller ses aisselles sous le nez. Comment voulez-vous ne pas détester toute l’humanité ?

Non vraiment, un concert, c’est bien, mais sans public, c’est mieux. A ce propos, d’ailleurs, ça coûte combien Phoenix en concert privé ?pixelstats trackingpixel

21 juillet, 2010 at 18:27 by Cécile Nadaï

Tags: colère, concert, misanthrope, musique, public
Posted in Râleuse | No Comments »

14 juil 2010

Allons enfants de la patrie

drapeau-francaisLe patriotisme est un sentiment d’amour, d’appartenance et de dévouement à son pays, nous dit Wikipédia.

Bon, pour ce qui est de l’amour, je suis d’accord. J’aime mon pays, Paris, la Normandie, les français malgré tous leurs défauts, la Tour Eiffel, la Bretagne, les Pyrénées et la mer Méditerranée.

Par contre, le sentiment d’appartenance me plaît déjà beaucoup moins. Je ne vois pas pourquoi je devrais appartenir à quoi que ce soit de manière générale, mais alors l’idée d’appartenir à un pays me semble complètement absurde. Ca veut dire quoi, d’ailleurs, appartenir à son pays ? Exister à travers lui ? Etre prêt à se sacrifier pour lui ? Se sentir parfaitement en phase avec lui, quoiqu’il fasse, quoiqu’il pense, quoiqu’il revendique ? Et mon libre-arbitre, dans tout ça, j’en fais quoi ?

Quant au dévouement, alors là, on atteint pour moi les sommets de l’obscurantisme. Je devrais donc être dévouée à mon pays. Ce qui veut probablement dire que je devrais être prête à tout pour lui plaire, lui obéir à doigt et à l’œil, faire tout ce qu’il m’ordonne sans même me demander si ça me plaît ou non, si ça me ressemble ou non. Je n’existe plus, je ne pense plus, je ne réfléchis plus, je ne suis qu’une patriote dévouée à mon pays. Et puis quoi encore ?

Je suis donc totalement étrangère au sentiment de patriotisme. Ca me frappe chaque fois que je tombe par hasard sur le défilé du 14 juillet. Cette manie de passer en revue ses troupes, son armée et ses escadrons sur fond de « musique » militaire pour impressionner les voisins, ça me dépasse totalement. Cependant, je m’y suis intéressée de près, au patriotisme, car, comme tout ce qu’on ne comprend pas, il me fascine. J’ai toujours essayé de comprendre pourquoi et comment on pouvait se sentir patriote.

Je discutais un jour avec un ancien collègue de lycée engagé depuis peu dans l’armée. Cette décision me fascinait tant je ne la comprenais pas. Je lui ai donc demandé ce qui l’avait poussé à faire ce choix. Il m’avait expliqué que c’était bien confortable de s’en remettre à son pays, de savoir qu’il y a quelqu’un au-dessus de vous qui pense pour vous, sait à votre place ce qui est bien ou pas et vous transmet ses ordres sans que vous ayez à réfléchir. Quand je lui ai demandé si ça ne le dérangeait pas de ne jamais pouvoir agir selon son propre instinct et ses propres idées, il m’a demandé pour qui je me prenais et si je pouvais réellement prétendre penser mieux que son capitaine. Je lui ai rétorqué que tout le monde pouvait se tromper, après tout, mais j’ai bien vu à son air horrifié et indigné que c’était pour lui inenvisageable. Hmmm. Bel élan de patriotisme.

Une autre fois, je discutais avec un jeune homme français jusqu’au plus profond de son âme, à qui j’expliquais que j’étais tout à fait imperméable au sentiment de patriotisme et que ce qu’il impliquait en temps de guerre m’horripilait au plus haut point. Je lui demandais si, au fond, il trouvait normal de se retrouver à aller tuer des espagnols, des anglais ou des italiens du jour au lendemain, juste parce que notre gouvernement a décidé que leur gouvernement l’avait bien cherché. Ils nous ont rien fait de plus qu’hier, ces gens-là, lui disais-je, et au nom de la Patrie, on devrait aller leur tirer dessus sans hésiter, sans réfléchir ? Non mais ça va pas ! Il m’avait regardée avec mépris, comme si j’étais un monstre dénué de tout sens moral et, secouant la tête de gauche à droite, les yeux écarquillés, il m’avait dit « Mais enfin, c’est ton pays ! C’est ta patrie ! ». Ce que cela montre, c’est qu’on peut donc ajouter à la définition du patriotisme, l’intolérance totale pour qui n’est pas patriote.

Tiens, c’est marrant, ça ressemble un peu à la religion, en fait, le patriotisme : attachement, dévouement, amour et intolérance… autre coïncidence étrange, il se trouve que, si on regarde bien, le patriotisme et la religion sont les 2 seules et uniques causes de toutes les guerres qui se jouent en ce moment-même et depuis toujours partout dans le monde. Tiens donc. C’est peut-être pour cela que je ne suis ni pratiquante, ni patriote. pixelstats trackingpixel

14 juillet, 2010 at 12:50 by Cécile Nadaï

Tags: attachement, dévouement, france, guerre, obéissance, patrie, pays
Posted in Philo de comptoir, Râleuse | 1 Comment »

12 juil 2010

Magic song #5

The Turtles – Elenore

Non seulement, Elenore est belle mais en plus, Elenore est subversive ! Sous ses allures de Magic Song happy pop et gentiment naïve, elle a en fait été écrite comme une caricature de chanson d’amour dédiée à la maison de disques des Turtles qui passait son temps à leur réclamer un autre « Happy Together » (autre magic song, d’ailleurs).

Cela explique sûrement qu’ils se soient si peu foulés pour les paroles : Elenore est tout de même la seule chanson à être restée en tête des charts pendant des semaines avec, dans son refrain, le mot « et cetera » répété en boucle…

The Turtles – Elenore by cecilenpixelstats trackingpixel

12 juillet, 2010 at 13:34 by Cécile Nadaï

Posted in Magic Song | No Comments »

9 juil 2010

Jardin d’Eden

jardin-d-edenpixelstats trackingpixel

9 juillet, 2010 at 11:40 by Cécile Nadaï

Tags: eden, fleur, jardin, nature, paradis, plante
Posted in En image | 2 Comments »

7 juil 2010

Nobody knows you when you’re up and high

left-alone « Nobody knows you when you’re down and out », chantaient Bessie, Sidney, Nina, Eric, Janice, Sam, Otis et bien d’autres. Et personne ne songerait une seule seconde à les contredire. Mais ce que la chanson ne dit pas, c’est que l’inverse est aussi vrai: on n’a jamais si peu d’amis que lorsqu’on est heureux.

J’ai bien dit heureux, hein, pas riche ; je parle là d’un bonheur tout simple, tout doux, tout bien, indépendant d’une quelconque rentrée d’argent miraculeuse et qui n’est donc ni contagieux, ni transmissible. Juste une petite vie parfaitement conforme à nos attentes et qui du coup, nous transforme, nous donne le sourire, la joie de vivre, le modjo, qui rend l’avenir plein de promesses et nous remplit d’une toute nouvelle assurance. Ca bizarrement, j’ai l’impression que ça dérange certaines personnes.

Tous les frustrés, les aigris, les mous, les amers. Ceux qui se plaignent de ne pas avoir la vie qu’ils veulent sans jamais vraiment chercher à l’obtenir. Ceux qui s’apitoient sur leur sort et accusent la vie de tous leurs maux plutôt que de se remettre en question. Ceux qui s’en remettent à la fatalité plutôt qu’à leur propre volonté. Ceux qui, au lieu de chercher à être heureux, se demandent comment gâcher le vôtre, de bonheur, à grands coups de traîtrise et de reproches infondés. Ca fait beaucoup de gens, oui, je sais. Le bonheur, ce n’est donc vraiment pas un bon moyen de se faire des amis.

Alors que le malheur, finalement, c’est génial ! Quand vous êtes bien triste, bien déprimé, vous pouvez servir à plein de choses ! On peut avoir pitié de vous, se reconnaître en vous, se sentir important en prenant soin de vous, relativiser ses propres problèmes grâce à vous, se sentir encore plus heureux en vous regardant galérer, se sentir compris  en venant vous voir quand on va mal. C’est vraiment bien utile et bien pratique, un ami malheureux.  Ca sert à la fois d’échelle de valeur (tant que j’en suis pas à son stade, ça va), de soutien moral (lui, au moins, il me comprend) et de faire-valoir (heureusement que je suis là pour elle, la pauvre). Avouez, c’est mieux qu’un couteau suisse!

Mais par contre, si vous décidez tout d’un coup d’inverser la tendance, de commencer à prendre votre vie en main, de tout changer et de finir par être heureux, là, ça ne va plus du tout ! On n’a pas idée de changer de rôle comme ça ! Qui vous a permis de transgresser l’ordre établi ! Qu’est-ce qu’on va faire de vous maintenant ! Ca sert à rien, un ami heureux ! Ca sourit tous le temps, ça n’a pas de problèmes, jamais d’histoires glauques à vous raconter, ça vous renvoie à vos propres galères, vous ne pouvez pas vous rassurer à ses dépends, pire, ça vous balance ses dimanche extatiques en pleine figure alors que les vôtres sont déprimants. C’est gnangnan, c’est cucu, c’est agaçant, bref, en un mot, c’est chiant.

A moins d’être heureux soi-même. Auquel cas le bonheur des autres, on s’en fout un peu vu qu’on a déjà bien assez à faire avec le sien….

Ou alors, peut-être bien que pour apprécier le bonheur des autres, il faut tout simplement être un véritable ami… c’est vrai, ça, dis donc, j’allais oublier un paramètre fondamental dans ma petite démonstration : un ami, ce qu’il veut, normalement, c’est vous voir heureux, quand bien même lui ne l’est pas, c’est même à ça qu’on le reconnaît !

Et c’est même pour ça que c’est si rare, un ami, un vrai.

Crédit Photo : flickr – bianks
pixelstats trackingpixel

7 juillet, 2010 at 14:23 by Cécile Nadaï

Tags: amitié, bonheur, déception, jalousie, malheur
Posted in Paradoxes, Râleuse | 1 Comment »

5 juil 2010

Stuck in the Fairy

Mettre en boitepixelstats trackingpixel

5 juillet, 2010 at 12:26 by Cécile Nadaï

Tags: avion, fête foraine, grande roue, lumière
Posted in En image | No Comments »

« Older Entries
  • Articles

    • Fais-moi peur
    • Paris au mois d’août
    • Madeleine de Proust #18
    • Eclaire-moi
    • Le concert
    • Allons enfants de la patrie
    • Magic song #5
    • Jardin d’Eden
    • Nobody knows you when you’re up and high
    • Stuck in the Fairy
  • Archives

    • septembre 2010 (1)
    • août 2010 (1)
    • juillet 2010 (8)
    • juin 2010 (10)
    • mai 2010 (6)
    • avril 2010 (8)
    • mars 2010 (9)
    • février 2010 (9)
    • janvier 2010 (10)
    • décembre 2009 (12)
    • novembre 2009 (9)
    • octobre 2009 (12)
    • septembre 2009 (3)
  • Catégories

    • Au hasard
    • En image
    • Madeleines de Proust
    • Magic Song
    • Miscellanées
    • Paradoxes
    • Pendant ce temps
    • Philo de comptoir
    • Râleuse
    • Rehab
  • Liens

    • Blog de nuit
    • Cachemire et Soie
    • Cécile's Music
    • Ladies Room
    • Le ciel était rose
    • Le modalogue
    • Michel Nadaï
    • Parisienne avertie
    • Pénélope Jolicoeur
    • Prospectivité
    • Viva Livadia
is proudly powered by WordPress
Design & code by Jonk
Entries (RSS) and Comments (RSS).