Perdre le fil - Cécile Nadaï

 
29 octobre 2009

Le bouton manquant

buttons

Il manque un bouton sur ma veste. Je le découvre ce matin. Un petit bouton bleu marine. Celui du haut. Cette veste, je l’ai acheté il y a 10 ans, dans une friperie de la rue Vasselot, à Rennes. A l’époque, j’étais étudiante, j’étais une autre personne, je vivais dans une autre ville, dans une autre vie, dans un autre temps.

De cette époque, il ne me reste rien, ou presque. Rien de concret du moins. A part cette veste. Et ce matin, je découvre qu’il lui manque un bouton. C’est insignifiant, au fond. Un petit rien, juste un bouton. Pourtant, c’est important. Comme si, en se perdant, en se détachant du tissu, ce bouton avait emporté un peu des souvenirs auxquels cette veste se rattache. Comme si on [...]

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27 octobre 2009

Girl

J’ai découvert les Beatles toute petite, en écoutant les vinyls de mes parents, assise en tailleur à coté de la platine.

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23 octobre 2009

En toute mauvaise foi

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Quoi de plus énervant, de plus odieux, de plus crispant que la mauvaise foi ? Quoi de plus intolérable que d’écouter quelqu’un nier les évidences, accumuler les mensonges, déblatérer de fausses excuses avec une assurance sans faille et un visage qui semble vous dire que « non, vraiment, je ne comprends pas ce que tu me reproches » !

Il y a pour moi 2 espèces de mauvaise foi. La première est finalement plus lâche que malhonnête. C’est la solution miracle de ceux qui ne souhaitent absolument pas assumer leurs responsabilités ou leurs erreurs. Quoi de plus simple et de plus efficace, dés lors, que de les nier ? C’est pas moi. J’étais pas là. Je ne sais pas de quoi tu parles. Je n’ai jamais dit ça. Tu ne m’as jamais demandé ça.

Du [...]

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21 octobre 2009

Petit précis de la « journée de merde »

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Il y a des journées que l’on peut incontestablement qualifier de « journées de merde ». De ces journées qui nous font dire que l’on aurait mieux fait de rester couché et qui nous font penser que l’on a vraiment dû faire des choses innommables dans une vie antérieure pour se retrouver dans notre peau.

Ma théorie à moi sur les « journées de merde », c’est que c’est le hasard qui, pour se faciliter le travail, a un jour décidé que ce serait plus pratique pour lui de s’acharner sur une seule personne à la fois sur un très court laps de temps, plutôt que de s’acharner sur plusieurs personnes à la fois tous le temps. C’est comme ça qu’est né le principe de « journée de merde ». Conclusion, avant c’était un petit [...]

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19 octobre 2009

Pendant ce temps, à Madrid

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15 octobre 2009

De la joie du départ

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Il y a des départs voulus, des départs subis, des départs différés, des départs éphémères, des départs soudains, des départs qui ressemblent à des fuites, des départs que l’on regarde depuis le quai d’une gare, des départs qui sont comme des délivrances, des départs hésitants, des départs théâtraux…

Ceux que je préfère, ce sont ceux qui font naître en moi l’excitation et l’impatience. Ceux que l’on prépare, que l’on attend, que l’on espère. Compter les jours, imaginer, rêver, trépigner avant de partir, enfin.

J’aime partir parce que dans un départ, il y a toujours l’idée que là-bas, c’est mieux. Ici, on s’ennuie, on connaît par cœur, on a soif d’autre chose. Ailleurs, c’est différent, étrange, nouveau. Et c’est précisément cela qui est mieux. Le changement. On ne s’émerveille que [...]

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14 octobre 2009

Smells like teen spirit

Les années jeans troués, pulls informes, cheveux longs filasses, passées à écouter Nirvana en boucle, en « dansant » les cheveux devant les yeux.

Premières clopes, premiers paradis artificiels, premières discussions métaphysiques sur la musique, l’univers et la société, cette salope.

Du haut de nos 14 ans, on se sent grand, lucide, désabusé. On sait déjà tout ce qu’il y a à savoir sur le monde et on en a déduit que ça valait même pas la peine d’essayer d’en faire quoi que ce soit de bien. De toute façon, le monde, il est tout pourri. Kurt, il a tout compris, lui.

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12 octobre 2009

De la culpabilité, cette salope!

angel

Je suis un pur produit de l’éducation judéo-chrétienne, pétrie d’une culpabilité toujours prête à se déverser pour mieux me pourrir la vie. C’est comme si tout sentiment agréable devait nécessairement être teinté de ce truc, diffus mais tenace, qui me plombe les ailes et s’assure que je traîne comme un boulet tout le poids du passé.

Avec elle dans les parages, pas le droit d’être égoïste, de s’aimer, de se faire plaisir, de réussir, de dire non, d’être paresseuse sans entendre cette sale petite voix dans un coin de ma tête me répéter que c’est pas bien, qu’il ne faut pas, que c’est interdit et réprouvé.

Accepter un compliment avec un simple merci? Se regarder dans la glace et sourire de se trouver jolie ? Impossible. Cela me transformerait tout de [...]

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9 octobre 2009

Aimer Paris

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Comme beaucoup de parisiens, je ne l’ai pas toujours été et je ne le suis pas devenue par choix, bien au contraire. J’ai même tout fait pour l’éviter.

Quand je vivais ailleurs, chaque fois que je me trouvais à Paris, il me semblait que tout était gris : les murs, le ciel, les gens, la Seine, les couloirs du métro. J’étais sûre qu’en venant y vivre, on était condamné à être contaminé par la grisaille et la morosité ambiante, à devenir comme tous ces gens qui ne se parlent pas, ne se regardent pas, s’ignorent superbement même quand ils se bousculent dans la rue.

Et puis, un jour, ce que je redoutais arriva, je suis moi aussi devenue parisienne. Et contre toute-attente, j’ai adoré ça. Certes, j’ai appris à marcher [...]

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7 octobre 2009

De la fascination du glauque

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Que cela nous touche, nous émeuve, nous fasse rire ou nous dégoute, on est comme fasciné par la laideur, le sordide, la misère humaine, en un mot, le glauque. Nombre d’émissions surfent avec succès sur cette vague. C’est donc devenu à la mode de regarder du glauque et de s’en repaitre.

La réalité dans son plus pur dénuement, c’est ce que prétendent nous montrer ces émissions. Mais qu’est-ce que « la réalité » ? Y a-t-il  vraiment une réalité absolue que l’on peut ériger comme référence, comme La Réalité ? Ma réalité à moi n’a-t-elle pas autant de légitimité que celle qu’ils choisissent de nous montrer pour la simple et bonne raison qu’elle fera plus d’audience ? Et ce qui fait qu’elle fait plus d’audience, cette réalité, n’est-ce-pas justement le fait qu’elle soit hors-du-commun, étrange [...]

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