Perdre le fil - Cécile Nadaï


21 octobre 2009

Petit précis de la « journée de merde »

voodoo

Il y a des journées que l’on peut incontestablement qualifier de « journées de merde ». De ces journées qui nous font dire que l’on aurait mieux fait de rester couché et qui nous font penser que l’on a vraiment dû faire des choses innommables dans une vie antérieure pour se retrouver dans notre peau.

Ma théorie à moi sur les « journées de merde », c’est que c’est le hasard qui, pour se faciliter le travail, a un jour décidé que ce serait plus pratique pour lui de s’acharner sur une seule personne à la fois sur un très court laps de temps, plutôt que de s’acharner sur plusieurs personnes à la fois tous le temps. C’est comme ça qu’est né le principe de « journée de merde ». Conclusion, avant c’était un petit peu la merde tous le temps, maintenant c’est la grosse merde une fois de temps en temps.

Après, il  y a « journée de merde » et « journée de merde ». Ce n’est pas parce que vous loupez votre bus à 5 secondes et que vous arrivez en retard au bureau que vous vivez une « journée de merde ». De même, glisser sur un trottoir bondé et se faire très mal aux fesses et à l’ego n’est pas nécessairement le signe d’une « journée de merde ».

Non, l’important, pour faire une bonne « journée de merde », c’est le principe d’accumulation. Mais une accumulation telle que cela en devient complètement improbable et ubuesque. Le truc qui n’existe même pas dans les films parce que les scénaristes se sont dit « non mais attends, personne va y croire, c’est too much ». Le truc que vous ne pouvez même pas raconter à vos amis parce que vous sentez bien dans leurs yeux qu’ils croient que vous en rajoutez. Par exemple, louper son bus + glisser sur un trottoir bondé + se faire virer + se faire voler son téléphone portable pendant qu’on appelle sa mère, en larmes, pour tout lui raconter.

L’autre chose importante, pour faire une bonne « journée de merde », c’est le concept de coup de grâce, le bouquet final, celui dont vous n’aviez vraiment, mais vraiment pas besoin, mais qui, avec du recul, donne tout son sens à votre « journée de merde ». Finalement, sans lui, ça n’aurait pas été aussi parfait, il aurait manqué quelque chose. C’est généralement celui- là qui nous achève et nous fait courir nous cacher sous notre couette. Pour reprendre l’exemple du dessus, on pourrait imaginer un coup de grâce du style, rentrer chez soi, sans boulot, sans portable, avec un gros bleu sur les fesses et se rendre compte que son appartement est inondé à cause des voisins du dessus. (Là, c’est vraiment pas de bol parce que du coup, on ne peut même pas aller se cacher sous sa couette.)

Et enfin, dernière chose, mais non des moindres, caractéristique de la « journée de merde », c’est qu’elle ne l’est jamais par votre faute. Vous vous contentez de subir toutes ces galères qui pleuvent sur vous, vous assistez, impuissant au déchaînement des éléments, aux coups du sort qui s’accumulent, vous supportez les coups bas et l’égoïsme de tous ces gens qui ne pensent pas à vous alors que vous-mêmes, pauvre petit être innocent, n’avez absolument rien fait pour mériter ça.

Quand vous en arrivez là, vous pouvez définitivement considérer que vous êtes au cœur de votre  « journée de merde ». Laissez passer l’orage. Ca ira mieux demain.pixelstats trackingpixel

1 commentaire(s)

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2009-10-21 18:04:04 Heidi dit :

Bonne fête quand même ;-)

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