Résolue à ne pas me résoudre

Comme chaque année, le mois de janvier pointe le bout de son nez accompagné de son flot de bonnes résolutions. Personne ne peut y échapper, tout le monde doit y passer. Chacun tergiverse, réfléchit et choisit sa façon de s’astreindre et de se contraindre au cours des 12 mois à venir. Des plus basiques aux plus créatives, des plus présomptueuses aux plus amusantes, des plus intemporelles aux plus novatrices.
Arrêter de fumer. Faire du sport. Changer de travail. Devenir riche. Apprendre la batterie. Faire la fête. Voyager. Perdre du poids. Déménager. Etre plus positif. Envoyer balader son patron. Sauter en parachute. Faire le ménage dans son répertoire. Rire aux éclats au moins une fois par jour. Se mettre à la boxe. Trouver le prince charmant. Travailler moins. Gagner plus. Garder ses kilos en trop. Quitter son/sa fiancé(e). Se mettre à la sieste.
On les choisit avec soin, persuadés qu’elles nous accompagneront tout au long de l’année, comme un leitmotiv. Elles sont censées améliorer notre vie, notre bien-être, notre apparence, nous rendre plus beau, plus fort, plus sérieux, plus heureux. Elles sont aussi censées nous recadrer, des fois qu’on se laisserait un peu trop aller. Comme si le fait de s’astreindre, de s’interdire, de s’obliger était la seule façon de se motiver. Comme si être son propre dictateur était indispensable pour évoluer et s’améliorer. Comme si se résoudre à quoique ce soit avait quelque chose d’excitant.
J’ai l’impression que rien de ce qui est vraiment important dans ma vie, rien de ce qui a un jour compté, ne s’est réalisé parce que je m’y suis forcée. Les beaux projets, les jolies rencontres, les grands changements, les sages décisions, toutes ces choses qui nous font être nous, cela ne se force pas, cela ne se choisit pas. Cela arrive naturellement, cela se passe, tout simplement.
Au cours de l’année dernière, j’ai fait des choix importants, pris des décisions radicales, changé de vie, voyagé, pris du temps pour moi… Rien de tout cela n’a découlé d’une quelconque résolution 2009. En janvier dernier, je n’en avais d’ailleurs pris aucune. J’ai simplement fait ce que j’ai eu envie de faire au moment où j’en ai eu envie, pas parce que je m’y étais résolue mais plutôt parce qu’il m’a paru évident qu’à ce moment-là, très précisément, c’était ce que j’allais faire.
Une vraie bonne résolution, c’est une résolution que l’on tient et qui nous rend vraiment plus heureux. Mais on ne la tient pas par obligation, pas sous la contrainte, pas sous la pression. On la tient parce qu’on en a envie. Spontanément. Instinctivement. Une vraie bonne résolution, c’est donc une résolution que l’on aurait tenue même sans l’avoir prise. Peut-être même qu’une bonne résolution, ça ne se prend justement pas.
Crédits Photo : Big Harumpf – Flickr
1 commentaire(s)
Oui tout à fait... les bonnes résolutions ne sont justement pas des résolutions... mais des ... envies! Un choix ca se fait quand on le sent.. et pas forcément au 1er janvier... alors soyons heureux, mais sans résolution!