Le jour d’après

Il y a toujours un jour d’après. Le jour d’après les vacances, le jour d’après la catastrophe, le jour d’après la dispute, le jour d’après une grande nouvelle, le jour d’après un départ. Ou encore, le jour d’après la soirée. Pas une soirée, LA soirée, MA soirée.
Des soirées, il y en a plein. Des soirées calées, des soirées arrosées, des soirées ratées, des soirées chez les autres, des soirées improvisées. C’est banal, en somme, une soirée. On y arrive, on s’y amuse, on en repart, fatigué, au petit matin. Point.
Mais quand c’est NOTRE soirée, c’est différent. On l’a préparée, organisée, imaginée et attendue. On a réfléchi à la tenue qu’on allait porter, au décor qu’on allait planter, à la musique qu’on allait écouter. Ca prend du temps, c’est excitant et important.
Alors le jour d’après, forcément, c’est un peu étrange. On se réveille avec un mal de tête assez prononcé, on sort de la chambre pour assister au spectacle douloureux et désolant du salon dévasté, vidé de ses invités et de son ambiance festive, silencieux et un peu triste. On soupire, découragés, devant l’ampleur des dégâts.
Puis, on se reprend. On évalue la masse de travail, on élabore une stratégie de ménage, on se débarrasse des cadavres de bouteilles entassées, des cendriers débordants, des déchets en tout genre. On range, on nettoie, on lave, on jette. On retrouve des vestiges de déguisement, des accessoires étranges dont on ne sait plus trop à quoi ils étaient à l’origine destinés, on se demande comment des verres, des mégots, des bouteilles ont pu se retrouver dans des endroits aussi improbables que le fond d’un placard ou le haut de l’étagère de la cuisine que l’on n’arrive même pas à atteindre, tellement il est haut. Au pied du lit, en boule, on retrouve la robe faite maison que l’on s’était concoctée pour l’occasion et que l’on enlevée à la hâte à 7h du matin, épuisée. Chaque détail est un souvenir, chaque trouvaille correspond à une anecdote. C’est drôle, même si c’est pas marrant.
Puis, une fois passé le branle-bas de combat, vient le temps du party blues. Assis dans le canapé, une tasse de café dans une main, un verre d’alka seltzer dans l’autre, on regarde l’appartement tout propre et bien rangé et l’on ne sait plus trop quoi faire de toute cette énergie qu’on avait rassemblé durant les jours d’avant.
Bon ben voilà, ça y est, c’est fini, c’est passé. Toutes ces semaines pour quelques heures. Quelques toutes petites heures.
Et déjà, c’est comme si rien ne s’était passé. On a effacé toutes les traces, toutes les preuves. Maintenant, il va falloir trouver autre chose à attendre, autre chose à préparer, à imaginer, avec en plus de bons souvenirs à ajouter à notre collection déjà bien avancée.
Crédit Photo : Dymphna
je comprends ce sentiment de post-soirée (ou post-vacances, ou post-"je lui offre un cadeau auquel il ne s'attend pas et qu'il va adorer"). heureusement il y a toujours des occasions de se réjouir (autre soirée, autres vacances, autres cadeaux).
tout à fait d'accord! j'ai organisé une méga fete de noel avec des amis le 12 décembre... après ça pour moi c'était fini noel... du coup j'ai halluciné en arrivant le 23 chez mes parents "allez on prépare le sapin et la table"... dans ma tete c'était déjà passé!