De la procrastination

Je suis la reine de la procrastination. La princesse du dernier moment. L’impératrice du plus tard. La duchesse du report. La comtesse de l’urgence. La baronne du « on verra demain ».
Paresse ou inconscience, le fait est que je reporte toujours à demain ce que je pourrais faire aujourd’hui. J’ai beau m’organiser, remplir mon agenda, détailler mon calendrier, lorsque je me reporte à ce que je devrais faire, je trouve toujours que, finalement, ce n’est pas le bon moment, pas si urgent, pas si important. Il y a tellement d’autres priorités !
Déjà au collège ou au lycée, lorsque l’on me donnait 3 semaines pour faire une dissertation ou un devoir de n’importe quoi, je m’y mettais la veille au soir, dans le stress et l’urgence. J’y passais la nuit, je dormais 3 heures et passais la journée suivante à me maudire d’avoir autant procrastiné. Et pourtant, la fois d’après, je recommençais, je trouvais de nouvelles excuses, de nouveaux prétextes pour m’y prendre au dernier moment.
Donnez-moi du ménage à faire, je vous dirai que j’ai un rendez-vous. Demandez-moi de travailler, je vous dirai que j’ai un post à écrire. Rappelez-moi que je n’ai pas posté depuis longtemps, je serai prise du besoin incompressible de regarder ce vieux film, perdu au fond de ma vidéothèque, dont on m’a reparlé la semaine dernière. En fait, j’ai toujours envie de faire ce que je n’ai pas à faire, ce que je ne devrais pas faire. Les obligations m’ennuient, les contraintes m’oppressent. J’ai des tas d’envie de faire un tas de choses, mais transformez ces envies en obligation, et tout d’un coup, cela n’a plus rien de tentant.
Pourtant, j’aime l’auto-satisfaction, la sensation du travail bien fait, la fierté d’avoir fait les choses tout à fait comme il faut, en temps et en heure, comme une gentille fille sage et organisée. A chaque fois, je me dis que, cette fois, ce sera différent, je serai sérieuse et rigoureuse, je ne reporterai rien à demain, je m’y prendrai même en avance, je ne me laisserai pas distraire. Mais voilà, l’heure de s’y mettre arrive et soudain, tout un tas de tentations m’assaillent, me tendent les bras, m’appellent de leurs petites voix mesquines et corrompantes… Ma guitare, mon clavier, mon micro, mon téléphone, un téléfilm ridicule, une course urgente, etc. Tant est si bien que je cède, faible que je suis. Et quelques heures plus tard, je redescends de mon nuage pour réaliser qu’une fois de plus, je suis en retard, stressée et énervée.
Peut-être qu’au fond j’aime ce stress, cette angoisse du « trop tard » qu’en même temps je redoute. Peut-être que j’aime ce sentiment d’appréhension suivi de soulagement, cette sensation de plaisir au moment de me dire qu’une fois de plus, j’y suis arrivée, juste à temps, certes, mais j’y suis arrivée… et du coup, j’ai bien le droit de me reposer !
Crédit Photo : Flickr – Tyler Davis
Merci pour ce tres bon article. J'espere que d'autres suivront.
Wouah! Tres Tres bon article que tu nous a ecris la. A quand la suite ?
On parle de la procrastination comme d'un défaut. Je crois qu'il ne faut pas juger péremptoirement. Il fait certainement tirer profit de ce qu'un tel comportement peut apporter de positif. L'ai bien aimé l'article.