Chocolat

Elle est là devant vous. Voluptueuse et charmante. Si douce, si belle. Elle vous nargue, aguicheuse et joueuse. Elle semble pleine de promesses.
Vous le savez, vous le sentez, quelque chose en elle vous mènera droit au 7ème ciel. Et c’est justement cette certitude qui la rend irrésistible. Alors, vous la regardez, comme fasciné. Vous la regardez sans toucher, surtout, vous ne devez pas la toucher, vous le savez. Mais plus vous la regardez, plus elle vous tente, plus elle vous attire, elle vous fait signe. Alors vous détournez le regard, pour oublier à quel point elle est jolie, pour oublier qu’elle est là, tout près.
Vous détournez le regard, mais dans votre esprit, ses douces courbes finement dessinées vous hantent. Elle vous regarde, vous le savez, vous le sentez. Juste là, derrière vous. Quelques mètres à peine. Mais vous résistez, vous regardez droit devant, vous l’ignorez.
Vous vous forcez à vous rappeler comme vous aviez regretté de lui avoir cédé, la dernière fois. Une fois de plus, vous aviez cru aux mirages, aux promesses d’extase qu’elle vous laissait entrevoir. Une fois de plus, elle était parvenue à annihiler en vous toute forme de résistance. Malgré tous vos efforts. Une fois de plus, le lendemain, vous vous étiez détesté d’avoir été si faible. Vous vous en étiez tellement voulu !
Alors, cette fois, vous ne céderez pas, elle ne gagnera pas. C’est quoi, déjà, cette phrase, vous demandez-vous ? On peut tromper 1000 fois… Non, c’est pas ça. Ah oui. On peut tromper 1 fois 1000 personnes, mais on ne peut pas tromper 1000 fois 1 personne. Voilà, c’est ça. Sauf que, à la réflexion, vous venez de trouver un parfait contre-argument à cette phrase. Son auteur n’a jamais du avoir affaire à elle. 10 fois, 100 fois, 1000 fois, elle vous a servi les mêmes serments, les mêmes sourires, les mêmes regards en coin. 10 fois, 100 fois, 1000 fois, elle vous a trompé, vous a déçu et vous a fait souffrir.
Et pourtant, aujourd’hui, vous êtes là, tentant vainement de l’ignorer, tentant d’ignorer que, cette fois encore, vous allez finir par vous retourner, par la regarder dans les yeux avant d’aller la prendre dans vos doigts, d’aller poser vos peines sur son cœur, vos lèvres sur sa peau chocolat. Vous vous ferez consoler, câliner, emporter par sa saveur intense, délicieusement sucrée. Elle vous convaincra que, rien que pour cela, cela en valait la peine. Et vous acquiescerez, charmé et envouté. Vous vous direz que rien que pour croquer ses jolies formes, gouté ses grains de beauté noisettes, vous seriez même prêt à vous damner. Vous savourerez chaque instant passé avec elle avant de vous endormir, comblé.
Ce n’est que le lendemain, quand vous vous réveillerez seul, quand vous réaliserez qu’elle a tout simplement disparu et que d’elle, il ne reste plus rien, ou presque, à peine un peu de son parfum sur vos doigts. C’est à ce moment-là seulement que ce sentiment désagréable de culpabilité s’emparera de vous.
Plein de colère et de honte, vous réaliserez ce qu’elle a encore fait de vous. Un être privé de tout libre-arbitre. Un être faible, soumis à son bon vouloir, asservi à son odeur, à sa peau, à sa saveur dans votre bouche.
1 commentaire(s)
ce texte pourrait convenir à la cigarette aussi. mais le chocolat c'est si bon! et ça fait du bien au moral :-)