Tout vient à point…

On passe nos vies à attendre quelque chose. A attendre que quelque chose arrive, à se dire que quelque chose nous manque, que quand telle chose se sera produite, on pourra enfin commencer à vivre. Enfin arrêter de courir, de chercher, d’espérer, de convoiter pour finalement savourer le moment présent.
Mais il y a toujours quelque chose d’autre à attendre. N’importe quoi mais quelque chose que l’on n’a pas encore et qui nous fait rêver. Parce qu’on ne l’a pas, justement. Quelque chose de nouveau, quelque chose de mieux. Quelque chose qui perdra toute sa saveur dés qu’on l’aura obtenu. Quelque chose dont on se lassera aussi vite que toutes les autres choses avant. Quelque chose qui nous donnera aussitôt envie d’une nouvelle autre chose. Une nouvelle autre chose encore mieux, encore plus grande, encore plus belle.
Comme si le bonheur était toujours à venir, à jamais imparfait. Comme si cela devait forcément être un aboutissement et non un cheminement. Comme si ce qui comptait, c’était de trouver sans cesse de nouvelles destinations à atteindre, d’aller toujours plus loin, toujours plus haut. Comme si le bonheur était quelque part en particulier. Comme si le bonheur, c’était d’y arriver.
Et pourtant, si le bonheur c’était le chemin lui-même, le simple fait d’avancer, quitte à ne jamais arriver à bon port, quitte à changer de direction en cours de route, à se tromper, à se retrouver à l’autre bout du monde, à l’opposé de notre bonheur initial. Si le bonheur, c’était justement de ne jamais l’atteindre ?
J’ai pris bien des chemins depuis 30 ans. Certains choisis, certains hasardeux, certains risqués, certains tout tracés, certains un peu trop escarpés. Je ne me souviens pas avoir suivi un seul de ces chemins jusqu’au bout. La vie s’en est toujours mêlée, elle a toujours fini par me faire bifurquer, retourner sur mes pas, changer de route juste avant l’arrivée.
Elle a toujours fini par m’emmener ailleurs, là où je ne voulais pas aller, là où je n’avais même jamais eu l’idée de m’aventurer. Je me suis toujours laissée surprendre par ces chemins de traverse, je me suis toujours laissée porter par leurs promesses autant que par leur incertitude. C’est ce qui me rend heureuse, au jour-le-jour, pas après pas, sans savoir où je vais, ni comment, ni pourquoi.
Crédit Photo – flickr – Williwieberg
tout à fait, c'est le chemin le plus important et savoir profiter des surprises sans les attendre.
Savoir changer de route et faire confiance à la vie... vaste programme!