Perdre le fil - Cécile Nadaï


3 janvier 2011

Une bonne année

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Les bonnes résolutions, c’est ringard. Tout le monde a depuis longtemps compris que ça ne servait absolument à rien si ce n’est à se donner mauvaise conscience quand, le 31 décembre, on se rend compte qu’on n’a tenu aucune de celles prises un an auparavant. La vie est déjà bien assez cruelle comme ça, pas la peine de s’infliger à soi-même des contraintes et des entraves.

Pas de résolutions, donc. Mais tout de même, j’aimerais bien savoir comment on fait pour s’assurer à l’avance de passer une bonne année. J’ai donc fait le point sur les quelques dizaines d’années passées afin de dégager quelques constantes et je me suis rendue compte que, pour qu’une année soit considérée comme bonne, il faut nécessairement qu’elle contienne certains ingrédients.

D’abord, il faut rire. Ca a l’air banal comme ça, mais pour être en bonne santé, il faut rire au moins une minute par jour. Sinon, on tombe malade plus facilement, on devient tout sec et aigri et du coup, c’est pas drôle. Et si c’est pas drôle, on est évidemment sûr de passer une mauvaise année. Donc, rions.

Ensuite, il faut de l’exaltation. A ne pas confondre avec le mysticisme, on peut tout à fait être exalté sans être barge. Tout est une question de dosage. Il faut se débrouiller pour trouver des choses extraordinaires, superbes, touchantes, émouvantes ou admirables. Pour cela, il y a plusieurs solutions : partir en voyage, combattre la faim dans le monde, sauver des vies, faire des enfants, monter sur scène, aller voir des concerts mythiques, faire une retraite spirituelle… Ou sinon, il y a la drogue, mais bon.

Pour qu’une année soit objectivement considérée comme bonne, il faut aussi qu’elle nous ait menée quelque part, qu’elle nous ait fait avancer, qu’elle ait été un minimum constructive. Ce que je veux, au soir du jour de l’an, c’est regarder derrière et être fière du chemin parcouru, même si je suis restée au même endroit.

Une autre caractéristique importante d’une bonne année, qui va d’ailleurs souvent avec celles d’avant, c’est la notion de risque. Une vraiment bonne année, c’est une année pas ordinaire, pas banale, hasardeuse, nouvelle et inédite. C’est une année durant laquelle j’ai osé des choses, tenté des trucs, pris des risques, quitte à me tromper. Quitte à ce que ça paie.

Et enfin, une bonne année, c’est une année qui ouvre le champ des possibles pour après. Une année au cours de laquelle on a tellement bien préparé le terrain qu’on se dit que la suivante sera forcément encore plus belle. Que non, c’était pas mieux avant mais que, oui, ce sera sûrement mieux après.
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2 commentaire(s)

2 commentaire(s)
2011-01-03 18:01:48 Mlle Toutouille dit :

J'aime beaucoup ta conclusion :)

2011-01-04 14:14:20 Cécile Nadaï dit :

Merci !

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