Perdre le fil - Cécile Nadaï


8 juillet 2011

Les bienfaits de l’oisiveté

hannahduffy

Le travail, c’est la dure réalité. L’oisiveté, c’est le rêve inacessible.

On passe notre vie à travailler tout en rêvant de ne rien faire. Et tout le monde trouve ça normal. Tout le monde trouve normal de se forcer à faire un truc qu’il n’aime pas en s’empêchant de faire ce dont il rêve.

On nous fait croire que la valeur suprême, c’est le travail. Plus tu travailles, plus tu es quelqu’un de bien, plus tu es respectable, plus tu es admirable, plus tu peux être content et fier de toi.

Alors qu’en fait, le travail ne rend heureux personne. Tout le monde préfère s’amuser. La preuve, ceux qui peuvent, ils le font ! Ils regardent les autres travailler, ils récupèrent les sous et ils expérimentent à mort les bienfaits de l’oisiveté. Et apparemment, elle doit en avoir un paquet de bienfaits, l’oisivété, parce qu’aucun d’entre eux ne changent d’avis pour retourner travailler, hein !

Mais voilà, on nous a inculqué ça depuis des siècles : le bien, c’est le travail, le mal, c’est l’oisiveté. Comme une sorte de police intellectuelle qui te rappelle à l’ordre dés que tu t’amuses un peu trop. Ils ont même inventé des proverbes pour bien nous le faire entrer dans la tête : l’oisiveté est la mère de tous les vices. La mère de tous les vices. Carrément.

Et à coups de proverbes et d’idées toutes faites, ils nous ont convaincus que c’était vertueux de passer sa vie à faire quelque chose qui n’est pas bon pour la santé, qui nous fatigue et nous abîme. Ils nous ont convaincus qu’un bon citoyen, c’est un citoyen qui passe la plupart de son temps à travailler. Sinon, il est méprisable. C’est un assisté, un parasyte, un feignant qui doit fissa retourner créer de la valeur, produire de la richesse, fabriquer des trucs que d’autres, pendant leurs rares moments de non-travail, pourront acheter et consommer. Travailler, consommer, dormir et recommencer.

Alors que ne pas travailler, ce n’est pas forcément ne rien faire. Ne pas travailler, c’est faire des milliers d’autres choses, des vraies choses, des choses importantes, passionnantes, intelligentes, marrantes. Des choses qui rendent vraiment plus riche, plus beau, plus grand et plus heureux. Lire, rire, aller au cinéma, écouter de la musique, voyager, s’intéresser, discuter, rencontrer, échanger, peindre, jouer du piano, apprendre, se promener, chanter, écrire, philosopher, danser, dessiner…

Je ne dis pas qu’il faudrait arrêter de travailler, mais on pourrait peut-être un peu rééquilibrer. Et arrêter de nous faire culpabiliser dés qu’on a envie d’oisiveté !

C’est vrai, qu’est-ce qu’on a contre l’oisiveté, après tout ? Qu’est-ce qui nous énerve à ce point dans le fait de voir quelqu’un ne rien faire ? Simplement le fait que nous, pendant ce temps, on s’active. Nous, on travaille pendant que lui ne fout rien. C’est ça qui nous agace, c’est de la simple jalousie, en fait. On aimerait bien ne rien faire mais on se l’interdit alors ça nous énerve de voir que d’autres se l’autorisent.

Et pourtant, c’est probablement eux qui ont raison ! La preuve, l’oisif, lui, tranquillement allongé dans son canapé, un bouquin à la main, il est content.
Alors que nous, non.pixelstats trackingpixel

2 commentaire(s)

2 commentaire(s)
2011-07-08 14:22:39 Thomas Lazare dit :

Putain mais c'est vrai, ça ! Allez, j'attrape un bouquin et je vais m'affaler dans mon canapé !

2011-11-09 09:42:15 BELOMETTI PATRICIA dit :

moi j adore.................et je continue............

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