Fermer les yeux

Fermer les yeux.
Allongée à l’ombre des palmiers. La chaleur étouffante enveloppe tout. Ne pas bouger, rester bien immobile. Goûter la moindre brise, le moindre souffle d’air frais pour respirer. A chaque nuage qui cache le soleil pour un instant, soupirer d’aise, sourire de soulagement. Puis la chaleur à nouveau.
Sous les doigts, les grains de sable fin. Le sel de l’océan qui tire la peau. Le rouge du soleil a marqué son empreinte sur les épaules et dans le dos. Sentir sa brûlure mordre à chaque frottement.
Au loin, deux enfants qui jouent. Le bruit des rebonds du ballon. Ils rient, chuchotent, parlementent et reprennent la partie. Leurs jeux sont des berceuses, dans la moiteur de cette journée d’été. S’endormir un peu, harrassée de chaleur.
Flottant dans l’air, une odeur de noix de coco et de mangue fraîchement découpée. Imaginer leur goût sucré. Mais rester là, les yeux fermés, trop paresseuse pour bouger.
Se demander. Une promenade en bateau. Un ballade à vélo. Visiter le petit temple. Plonger au milieu des poissons. Ou ne rien faire et rester là, comme ça, les yeux fermés.
Un peu plus loin, l’odeur des grillades et des pêcheurs qui rentrent au port. La promesse d’une douce soirée. Saveurs, senteurs, chaleur, bonheur.
Ouvrir les yeux.
Doucement. S’habituer à la lumière. Se réveiller peu à peu. Regarder tout autour. Chercher la mer, les enfants, l’odeur du barbecue, les jonques et les palmiers.
Allongée à l’ombre du toit de verre, sur le canapé. La chaleur suffocante de Paris en été. Elle enveloppe tout. Ne pas bouger, rester bien immobile pour économiser ses forces. Goûter le moinde souffle d’air un peu frais, la moindre brise s’engouffrant par la fenêtre. Jamais assez.
Les palmiers sont des marroniers, jaunis de soleil et d’été. Au loin, les enfants jouent dans la cour du centre aéré. Le bruit du ballon qui résonne en frappant les vieux murs de pierre. Leurs cris, leurs rires. Sursauter.
Les grains de sable ont laissé la place aux coussins de lin et de velours. Doux et chaud. Hivernaux. Hors-propos.
Juste un peu somnoler. Allongée dans le canapé, à l’ombre des palmiers, rêver. Rêver d’aventures et d’explorations, de promenades cheveux au vent, de siestes au soleil, de bains de mer, de vacances et de déconnexion.
Laisser un commentaire(s)