Brocante


Gary Jules – Mad World
Depuis 2 ans, j’ai la chance d’habiter en face d’une cour d’école. J’ai donc pu, tout à loisir, étudier de (trop) près les différentes typologies de cris d’enfants et déterminer empiriquement leur signification cachée. Voici le fruit de mes travaux :
Le cri « j’ai peur et j’aime ça » : hii hii hii hii ! Ce cri est le plus souvent féminin mais on a aussi vu des garçons le pratiquer. Il est généralement poussé lors d’un jeu consistant à s’attraper, tel le loup ou le chat perché. L’enfant est poursuivi par un autre enfant, il court pour lui échapper, les mains en avant, la tête en arrière, en poussant des cris suraigus pour se donner du courage, tout en riant parce que c’est tellement drôle de se faire courir après.
Le cri « s’il-te-plaît courre-moi [...]
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Quand j’avais 15 ans, le téléphone, ça n’avait rien à voir avec aujourd’hui. Oui, je sais, je parle comme une vieille bique. Et alors, si j’ai envie d’être une vieille bique ? Je disais donc, de mon temps, c’était bien différent.
De mon temps, les téléphones avaient des fils, ils étaient gros et accrochés au mur, au milieu de la maison. De mon temps, quand on appelait son amoureux, on tombait d’abord sur sa mère. Et on disait bonjour madame, est-ce que je pourrais parler à Jules, s’il-vous-plaît ? S’en suivait un grand Juuuuuuuules, téléphoooone, puis une longue attente pendant laquelle on entendait les bruits de la maison, la télé, les parents qui ralent et enfin un timide allô ?, qui n’avait absolument rien à voir avec la voix de caïd de [...]
Lire la suite Laisser un commentaire(s)Gillian Welch – Times the Revelator


Un jour du mois d’août 2011, à Sapa, petite ville perdue dans les montagnes du Haut-Tonkin, à la frontière sino-vietnamienne.
Il est 18h. Après plusieurs heures passées sur des routes abruptes bordées de rizières en escalier et de villages H’Mongs et Dao Rouges, nous nous préparons mentalement à l’éprouvante nuit qui nous attend, serrés et ballotés dans le train de nuit qui nous ramènera à Hanoï. Arrivée prévue, 4h50 du matin.
D’ici là, des heures et des heures de cahotage, de secousses en tout sens, d’arrêts brutaux, de freinages impromptus et de sifflets intempestifs. Une fois arrivés à Hanoï, on troquera le train mythique pour un coucou à hélice qui nous amènera un peu plus au sud. Et enfin, pour finir, deux heures élastiques à passer sur les routes du [...]
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