Perdre le fil - Cécile Nadaï


25 novembre 2011

Ca sent l’hiver

hiver-paris

Ca sent le froid qui pique et le vent qui frissonne. Ca sent le ciel qui tombe, le blanc, le gris. Ca sent les arbres dénudés, tristes, frigorifiés.

Ca sent la neige, la bise, la pluie. Ca sent les nuages qui s’échappent quand on parle, le froid qui brûle quand on respire. Ca sent l’air vif qui fouette le visage, le nez et les oreilles gelées, les larmes aux yeux, les joues rosies. Ca sent les corps emmitouflés, enveloppés, bien protégés.

Ca sent les jours trop courts, les lumières colorées sur les villes, les vitrines surchargées, pour nous faire oublier. Ca sent les routes blanchies de givre, les champs paralysés, les jardins esseulés et la nature traumatisée.

Ca sent la cannelle, les bougies et les mandarines. Ca sent le bois, le feu de cheminée, le vin chaud, la soupe, le chocolat.

Ca sent les restes de l’automne, par terre, les feuilles délavées, piétinées, déchirées. Ca sent le jaune qui tourne au beige, le rouge devenu terne, le vert devenu sombre.

Ca sent le voile de brume qui tombe sur la ville, comme enveloppée de coton, calfeutrée. Et les immeubles flottent dans ce brouillard, presqu’irréels, au-dessus de la ville endormie.

Ca sent l’attente, l’impatience, l’imaginaire. Ca sent le ralenti, la trêve, l’escale en terre hostile. Comme si le monde entier hibernait, résigné, espérant sans un bruit que la terre tourne juste ce qu’il faut, autour du soleil qui nous tourne le dos.pixelstats trackingpixel

2 commentaire(s)


2 commentaire(s)
2011-11-25 14:57:23 TOM dit :

Ouais, ça sent le sapin...

2011-11-25 18:10:48 Mlle Toutouille dit :

Ici aussi ca sent l'hivers mais je l'attendais, alors je suis contente

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