Janvier à ma fenêtre

Janvier à ma fenêtre. C’est l’heure des bonnes résolutions. L’heure des contraintes et des défis. Des challenges et des sermons. Juste pour le principe. Ou pour se rassurer. Avoir l’impression d’avancer. Se fixer un objectif, un but à atteindre. Un but qu’on oubliera très vite, certes, mais un but quand-même.
De toute façon, si les bonnes résolutions étaient faites pour être tenues, ça se saurait. Si les bonnes résolutions étaient faites pour être tenues, depuis le temps, tout le monde aurait arrêté de fumer et plus personne n’aurait de kilos à perdre parce que tout le monde se serait remis au sport.
Si les bonnes résolutions étaient faites pour être tenues, le monde serait plein de gens parfaits et parfaitement accomplis, fiers d’eux-mêmes et ennuyeux à mourir. On ne saurait même plus quelles bonnes résolutions prendre, puisqu’on les aurait déjà toutes prises et toutes tenues. Et allez hop, encore une tradition en moins ! Déjà que tout fout le camp…
Mais fort heureusement, ce n’est pas le cas. Une bonne résolution, par principe, ça ne se tient pas. Et c’est pourquoi nous sommes tous, au choix, gros, gras, feignants, fumeurs, insatisfaits, névrosés et délicieusement imparfaits.
Les bonnes résolutions, au fond, c’est juste fait pour s’occuper l’esprit quelques semaines. Au moins jusqu’au mois de février. C’est juste une diversion. Un leurre. Un truc inventé pour regarder devant. Vers l’avenir, le futur, la nouvelle année.
C’est surtout un truc pour nous éviter de dresser le bilan, de faire le point en regardant le chemin parcouru. En se posant la grande question.
Une question comme : mais au fait, où j’en étais, en janvier dernier ? Est-ce que j’ai avancé depuis ? Est-ce que j’ai regressé ? Est-ce que j’étais plus heureuse il y a un an ? Est-ce que je me suis perdue en chemin ? Est-ce que j’ai tenu mes bonnes résolutions de l’année passée ?
Et c’est peut-être parce qu’on évite ces questions et leurs réponses que chaque année, la tradition des bonnes résolutions est préservée.
En fait, c’est parce qu’on fuit cette introspection qu’on est incapable de tenir nos bonnes résolutions. C’est parce qu’on n’aime pas regarder en arrière qu’on n’arrive pas à avancer.
1 commentaire(s)
Arf. Ca fait 5 ans que j'arrête de fumer 3 semaines en janvier...