Plein de gens qu’on a connus il y a longtemps avant de les perdre de vue. Plein de gens partis ailleurs, sous d’autres latitudes. Des gens qui ont compté, suivi la même route que nous pendant quelques mois, quelques semaines, parfois toute une enfance ou toute une vie, avant de partir en vivre une autre. A moins que ce ne soit nous.
En tout cas on s’est perdus en chemin, entraînés par la foule et emportés au loin. Ne reste plus d’eux que des fantômes qui ont même oublié de venir nous hanter.
Enfin presque.
Parce que parfois, ils reviennent faire une apparition. Ils resurgissent du passé, sans faire exprès et sans même le savoir. Le temps d’un souvenir, d’une chanson, d’une simple [...]
Ca sent le froid qui pique et le vent qui frissonne. Ca sent le ciel qui tombe, le blanc, le gris. Ca sent les arbres dénudés, tristes, frigorifiés.
Ca sent la neige, la bise, la pluie. Ca sent les nuages qui s’échappent quand on parle, le froid qui brûle quand on respire. Ca sent l’air vif qui fouette le visage, le nez et les oreilles gelées, les larmes aux yeux, les joues rosies. Ca sent les corps emmitouflés, enveloppés, bien protégés.
Ca sent les jours trop courts, les lumières colorées sur les villes, les vitrines surchargées, pour nous faire oublier. Ca sent les routes blanchies de givre, les champs paralysés, les jardins esseulés et la nature traumatisée.
Ca sent la cannelle, les bougies et les mandarines. Ca sent le bois, [...]
C’est une bien belle exposition et c’est à partir de ce soir, au Pied de Biche, 86 rue de Charonne, à Paris, dans le 11ème.
CÄät est belge, pleine d’humour et hyperactive. ses dessins, qu’ils soient destinés aux enfants, à la presse, aux murs d’un lieu public ou à une bande dessinée, pétillent de couleurs, de poésie, et s’ils sont parfois drôles ou loufoques, ils ne se départissent jamais d’une critique amusée de la société de consommation qui y est croquée. I’ve got the world on a string, fredonne Sinatra, I’m sitting on a rainbow, reprend CÄät en illustrant cette chanson qui lui va si bien.
JB est plus difficile à enfermer dans un livre, ou une galerie. Son terrain de jeu préféré est la rue, les murs, [...]
Quand j’avais 15 ans, le téléphone, ça n’avait rien à voir avec aujourd’hui. Oui, je sais, je parle comme une vieille bique. Et alors, si j’ai envie d’être une vieille bique ? Je disais donc, de mon temps, c’était bien différent.
De mon temps, les téléphones avaient des fils, ils étaient gros et accrochés au mur, au milieu de la maison. De mon temps, quand on appelait son amoureux, on tombait d’abord sur sa mère. Et on disait bonjour madame, est-ce que je pourrais parler à Jules, s’il-vous-plaît ? S’en suivait un grand Juuuuuuuules, téléphoooone, puis une longue attente pendant laquelle on entendait les bruits de la maison, la télé, les parents qui ralent et enfin un timide allô ?, qui n’avait absolument rien à voir avec la voix de caïd de [...]
Allongée à l’ombre des palmiers. La chaleur étouffante enveloppe tout. Ne pas bouger, rester bien immobile. Goûter la moindre brise, le moindre souffle d’air frais pour respirer. A chaque nuage qui cache le soleil pour un instant, soupirer d’aise, sourire de soulagement. Puis la chaleur à nouveau.
Sous les doigts, les grains de sable fin. Le sel de l’océan qui tire la peau. Le rouge du soleil a marqué son empreinte sur les épaules et dans le dos. Sentir sa brûlure mordre à chaque frottement.
Au loin, deux enfants qui jouent. Le bruit des rebonds du ballon. Ils rient, chuchotent, parlementent et reprennent la partie. Leurs jeux sont des berceuses, dans la moiteur de cette journée d’été. S’endormir un peu, harrassée de chaleur.
A la tombée du jour, à l’heure où jaunit la lumière, monter les petits escaliers qui mènent au jardin. Ce petit bout de monde à part, plein de verdure parsemée de bleu, de jaune et de violet.
S’asseoir juste sous le lierre, sur le petit banc de bois. Fermer les yeux et ne rien faire. Sentir la brise, le soir et le frais retrouvé. Ecouter la vie du quartier, les oiseaux gazouiller, le bruissement de l’eau qui coule sur les feuilles assoiffées, entendre les verres s’entrechoquer et les rires sur la terrasse d’à coté.
Se lever, arroser chaque fleur, chaque brin d’herbe, chaque pousse, chaque feuille. Ne pas oublier le petit pot tout là-haut. Sur la pointe des pieds, en équilibre, sentir l’eau de l’arrosoir couler le long des bras, [...]
On sait bien que les monstres, en vrai, ça n’existe pas. On sait bien, au fond, que sous le lit, il n’y a rien et que rien ne va nous sauter dessus si on ouvre la porte d’entrée à laquelle personne n’a toqué, à part dans notre tête. On sait bien que les placards de la maison sont vides, remplis de banals manteaux. On le sait bien, mais quand-même, on n’en est pas bien sûr.
Parce qu’à 3h du matin, les choses prennent une toute autre dimension. Les bruits sonnent faux. Les craquements craquent plus sèchement. Les crissements crissent plus aigus. Le vent a l’air de chuchoter, sans compter tous les bruits non-identifiés qui, eux, sont clairement la preuve qu’il se passe quelque chose de pas net. On essaie [...]
La grande question des retours de voyage. La question aux 10 000 réponses.
« Je sais pas moi, pourquoi pas la Toscane ou la Sicile ou l’Algarve ou le Berghain, la Nouvelle-Zélande, Dublin, Glascow ou Edinburgh, le Costa-Rica, Zanzibar, Buenos Aires, la baie d’Along ou la grande Muraille… »
Il y a tant d’endroits qu’on a envie d’aller voir, tant de choses à admirer, tellement d’avions qu’on voudrait prendre et de choses à expérimenter partout aux 4 coins du monde qu’à la fin, on est toujours sur le départ.
Et puis, un jour de printemps, alors que je traversais [...]
Quand j’étais plus jeune, le disquaire, c’était le magasin le plus cool de ma ville. Tellement cool que j’étais pas bien sûre d’avoir le droit d’y entrer. Et quand parfois j’osais, c’était avec la peur de passer pour une inculte néophyte auprès du beau vendeur qui ne devait surtout pas savoir que je ne connaissais pas encore les Clash.
En matière de temple musical, là où j’ai grandi, Il y avait aussi une discothèque. Pas la discothèque pour danser, non, même si ça aussi, y’en avait, mais une discothèque pour emprunter des disques. C’était certes moins élaboré qu’un player en ligne, beaucoup moins fourni en référence qu’Itunes ou Spotify, mais ça m’a quand-même permis de découvrir Melody Nelson, Deep Purple et Earth Wind & Fire avec une vraie pochette entre [...]
Allez viens, on s’en va, on se taille, on se tire, on part, on dégage, on s’envole, on embarque, on largue les amarres.
Allez, viens, c’est nul ici, de toute façon. C’est l’hiver, il fait froid, il fait gris, il fait comme hier et le jour d’avant, comme demain et le jour d’après.
Allez viens, on va voir là-bas si on y est, on va se faire foutre au soleil, on va se faire voir chez les grecs, on va vérifier si l’herbe est plus verte ailleurs, on va courir le monde, se perdre en route, oublier de rentrer.
Allez, viens, on ira voir des temples mayas, des pyramides d’Egypte, des marchés laotiens, des plaines arides en Sibérie, des eaux turquoises aux Maldives, des kangourous en Australie, les eaux [...]