Allongée à l’ombre des palmiers. La chaleur étouffante enveloppe tout. Ne pas bouger, rester bien immobile. Goûter la moindre brise, le moindre souffle d’air frais pour respirer. A chaque nuage qui cache le soleil pour un instant, soupirer d’aise, sourire de soulagement. Puis la chaleur à nouveau.
Sous les doigts, les grains de sable fin. Le sel de l’océan qui tire la peau. Le rouge du soleil a marqué son empreinte sur les épaules et dans le dos. Sentir sa brûlure mordre à chaque frottement.
Au loin, deux enfants qui jouent. Le bruit des rebonds du ballon. Ils rient, chuchotent, parlementent et reprennent la partie. Leurs jeux sont des berceuses, dans la moiteur de cette journée d’été. S’endormir un peu, harrassée de chaleur.
Le mois de septembre, pour tout le monde, c’est la rentrée. La fin des vacances, la fin du soleil, la fin de l’été. Le mois de septembre, pour tout le monde, c’est l’automne. Le début de la fin, le début du froid, des nuits si longues et des matins frisquets.
Ca sent la déprime et la nostalgie, presque les prémices de l’hiver, déjà la longue attente du printemps. Sous prétexte que l’école a repris, sous prétexte que tout le monde est rentré, sous prétexte que les plages se sont vidées. Comme si l’ordre des saisons était soumis à de basses considérations touristiques ou scolaires.
Mais je m’insurge ! Ceci est injuste pour l’été, pour le mois de septembre et surtout pour nous. Le mois de septembre, c’est encore l’été ! [...]
La chaleur moite de Paris colle à la peau, les rues se vident, le silence gagne du terrain, les fontaines ne coulent plus pour personne. Plus d’embouteillages sur les quais de scène, plus de foule fétide dans les rames de métro, les boulangers et les restaurants ferment leur porte, les entreprises et les centres aérés se vident. Paris se meurt, Paris s’endort.
Tout vous le rappelle, vous le martèle, telle une estivale litanie : c’est les vacances. Il faut partir, fuir la ville, aller rejoindre tout le monde au bord de la mer, trouver une petite place sur la plage à coté de tous les autres, jouer des coudes, se serrer un peu, poser son parasol, sa serviette et ne rien faire pendant 3 semaines. Pas de travail, pas de villes, [...]
J’ai écouté ce morceau dans toutes sortes d’endroits et de circonstances, avec tout un tas de personnes différentes. Mais bizarrement, quand je l’écoute, la première chose qui me vient à l’esprit, c’est le souvenir d’un après-midi d’été 2003. Des amis, un après-midi sur la plage, sous le soleil de Saint-Malo.